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En grammaire, la flexion est la manière dont les mots se modifient selon leur rôle dans la phrase. La flexion peut concerner un verbe (on parle de conjugaison), ou bien un groupe nominal (on parle de déclinaison).

Conjugaison

Dans les langues indo-européennes, un verbe peut se modifier selon la personne, le nombre, le temps, le mode, la voix. On dit que le verbe est conjugué.

Déclinaison

Dans certaines langues, le groupe nominal varie selon sa fonction dans la phrase, mais aussi selon son genre et son nombre. C’est la déclinaison, que l’on rencontre par exemple en grec, en latin, en allemand, en polonais.

Langues flexionnelles

Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous pratiquons au quotidien une langue flexionnelle synthétique, c’est à dire que nous utilisons des flexions pour modifier la nature et la valeur des mots : ce sont les terminaisons de nos leçons de grammaire et de conjugaison. C’est une des caractéristiques de presque toutes les langues indo-européennes.

Langues analytiques

Une langue analytique (ou langue isolante) est une langue dans laquelle la plupart des mots sont invariables. Autrement dit, ils s’écrivent et se prononcent toujours de la même manière. Les manières d’écrire ou de prononcer un même mot s’appellent des flexions. Une langue analytique présente donc peu ou pas de flexions.

Quelles langues sont analytiques ?
Le chinois est un parfait exemple de langue analytique.

Le français n’est pas une langue analytique, mais plutôt une langue flexionnelle :

Le français a une conjugaison très riche. Les verbes ne s’écrivent pas de la même manière en fonction du sujet (nombre, personne), du temps et du mode.
Un nom commun, un adjectif, un article s’écrivent différemment en fonction du genre et du nombre.

L’anglais, au contraire, n’est pas loin d’être d’une langue analytique : il comporte très peu de flexions.

Dans la phrase ci-dessous, le pluriel en anglais est uniquement porté par les noms communs, mais ni par les verbes, ni par les adjectifs, ni par les déterminants.

Français
Singulier: L’enfant de ma vieille voisine a vu le cheval blanc qui tirait la charrette.
Pluriel: Les enfants de mes vieilles voisines ont vu les chevaux blancs qui tiraient les charrettes.

Anglais
Singulier: The child of my old neighbour saw the white horse who pulled the cart.
Pluriel: The children of my old neighbours saw the white horses who pulled the carts.

Langues agglutinantes

Une langue agglutinante est une langue qui a recours à des ajouts de suffixes pour exprimer les nuances grammaticales de la phrase.

Quelles langues sont agglutinantes ?

Le turc est un parfait exemple de langue agglutinante, mais beaucoup d’autres langues fonctionnent de la même façon : le japonais, le basque, le finnois (Finlande), l’estonien, le hongrois, le swahili (Kenya, Tanzanie), le berbère (Algérie).

L’exemple du turc
En turc, les mots sont généralement constitués d’un mot-racine que l’on trouve dans le dictionnaire, et d’une quantité souvent importante de suffixes grammaticaux qui expriment le nombre, le temps, la personne et beaucoup d’autres nuances.

Par exemple, en français, pour dire « dans nos maisons », on utilise trois mots : dans + nos + maisons. En turc, qui est une langue agglutinante, on prend le mot ev qui veut dire maison, on y ajoute (on agglutine) ler pour mettre « maisons » au pluriel, puis on agglutine im pour dire « mes » maisons (1re personne), puis iz pour le pluriel de « mes », ce qui donne « nos », et enfin de pour dire « dans ». En résumé, ev+ler+im+iz+de s’écrit evlerimizde, en un seul mot, qui signifie «dans nos maisons».

Tout cela peut paraître assez compliqué pour les habitués des langues indo-européennes, mais présente l’avantage de règles immuables, sans surprises : les mots s’assemblent un à un comme un jeu de construction.